Notes de direct pour l'émission « Supplément Week-End » du Samedi 18 Février 2006.

Le Coreano-Américain Peter Chung est surtout connu pour avoir réalisé, scénarisé et animé les séries animées « Aeon Flux » diffusées sur MTV en 1991 et 1995. Il fut ensuite character designer sur la série « Alexander » (1998), réalisateur / scénariste de « Matriculé » (dernier segment du DVD « Animatrix »), et réalisateur du court-métrage d'animation « Les Chroniques de Riddick : Dark Fury ». Il a également travaillé sur la série « Transformers », et sur le générique de la série « Les Razmokets »



« Aeon Flux » (1991 et 1995) Série d'animation créée pour la case « Liquid television » de MTV en 1991. Mini-épisodes de 5 minutes. Puis une autre série de 10 épisodes de 26 minutes (1995), réalisés par Peter Chung et Howard Baker.

Aeon Flux est une mercenaire bardée de cuir, entretenant des rapports flous (mi-attirance sexuelle, mi-haine meurtrière, le plus souvent SM) avec le dictateur-docteur fou-philosophe Trevor Goodchild.

Avec ses scénarii concoctés pendant les fumettes, et ses rêves retranscrits au téléscripteur, Peter Chung déploie ici tout un arsenal de situations barrées, visuels ultra-violents, comportements masochistes, ou attirances malsaines. La série est ainsi peuplée de criminels, de ninjas androgynes, guerriers aux mamelons percés, soldats découpés baignant dans des marres de sang, ou ... petits lutins cohabitant avec des cactus à chapeaux. Pour apprécier cette oeuvre, il faut accepter les histoires sans chute. Apprécier les expérimentations narratives, et les transitions graphiques libérées de toute contrainte liée à la logique. Le character design est lui aussi très particulier. Avec leur bassin disproportionnés et leur gestuelle proche des araignées, les protagonistes (surtout les femmes) ressemblent à des pantins désarticulés.

Au final : de l'action, du sexe, de la violence, du cuir, des langues, des psychopathes, et des meurtres sauvages. Que demander de plus ?

« Alexander » (1998) Série de 13 épisodes de 26 minutes, réalisée par Yoshinori Kanemori. Character design : Peter Chung. Produit par le studio Madhouse.

Olympias la sorcière donne un fils à Philippe II, Alexandre. Chevauchant Bucéphale, un cheval fou terrifiant, notre héros va devoir surmonter des complots visant à le détruire, lui que la prophétie annonce comme destructeur du monde. Il affrontera des espions robotisés volants, voyagera dans le futur, sera transporté dans un vortex contenu dans le tonneau de Diogène, tout ça dans un style visuel fait de couleurs criardes, de personnages aux nez crochus, et d'effets 3D moches, mais moches...

Ce décalage, on aime ou on n'aime pas, c'est comme traiter la guerre de Troie avec un style à la « Simpsons », sauf qu'« Alexander » n'est pas humoristique. En début d'épisode, une Terre plate, des silhouettes survolant une ville, et une voix off énonçant des vérités mathématiques. Perso, j'accroche. Le côté déviant et le style graphique de Chung vont à l'exact opposé de ce à quoi on s'attend. Seul point négatif : la bande-son. On a l'impression qu'elle a été créée à la va-vite, un stagiaire découvrant en direct le bontampi.

Très déconcertant. Des bon passages, mais une impression finale tout de même mitigée.

« Matriculé » (2002) Le DVD « Animatrix » regroupe 9 courts-métrages de 9 minutes autour de l'univers de la trilogie « Matrix ». Le segment de Peter Chung est le dernier. Chung fut le dernier réalisateur appelé sur le projet (pour palier un désistement de dernière minute).

Dans le mondé réel, une machine se fait capturer par un groupe d'humains. Ceux-ci vont mettre un processus au point pour convaincre la machine de rejoindre leur camp, de son propre chef. En proposant à son cerveau un scénario fait de couleurs chatoyantes, d'armures métalliques se transformant en billes, ou des fenêtres devenant des scènes de théâtre.

Le court est constitué pour l'essentiel de séquences en 3D, reprenant le style graphique habituel de Peter Chung. Les couleurs sont flashy, les situations purement hallucinatoires s'imbriquant comme dans un rêve. Un trip dans lequel on se laisse embarquer, tout en sachant qu'il a certainement été réalisé après beaucoup de fumette. D'après moi, le meilleur segment du projet « Animatrix ».

« Les chroniques de Riddick : Dark Fury » (2004) Court-métrage d'animation, faisant le lien entre « Pitch Black » et « Les chroniques de Riddick » Ce film met en scène les survivants du premier film, à savoir Riddick, Imam, et Jack.

Le vaisseau transportant les héros est capturé par une psychopathe qui veut compléter sa collection d'hommes exceptionnels statufiés vivant. Riddick est l'objet d'une chasse à l'homme, poursuivi par tout ce qu'un vaisseau peut contenir de porte-flingues, chasseurs de prime et autres animaux enragés.

Le film est un festival de scènes d'action bien foutues, et introduit par la même occasion le personnage de Toombs, le chasseur de prime des « Chroniques de Riddick », et qu'on devrait d'ailleurs retrouver dans le prochain épisode de la trilogie « Riddick ». Le visuel est encore une fois assez particulier, allant des corps des protagonistes complètement distordus, à une ressemblance avec les acteurs d'origine parfois discutable.

Pour les amateurs de « gars costauds seuls contre tous qui dézingue tout le monde ».