Chronique lue en direct dans l'Hallucinarium FMR du 11/03/2015.
Avec Eugène Lawn et Infested Grunt. Réalisation : Kinou.

Bonjour à toi, enfant du futur immédiat, toi qui nous écouteras dans quelques secondes.

J'ai visité en 2004 Taxco, magnifique ville mexicaine, haut perchée et au charme fou. De part ses mines, toujours exploitées manuellement, Taxco est la capitale du négoce de l'argent. Le marché n'est constitué que de petits étals tous égaux, très proprets proposant différentes pièces d'artisanat en argent pur, achetable au kilo. C'est sûrement l'endroit le plus sûr du Mexique où une oie blanche européenne ne risque ni d'être kidnappé, ni même un pickpocket. Parmi les pièces typiques de la bijouterie artisanale, j'y vis des colliers, des bagues, des bracelets, frappés de marques automobiles.
Mais attention, pas n'importe quelles marques, pratiquement que des européennes : Volkswagen, Fiat, Seat, Peugeot et Citroën. Pratiquement pas de voiture de luxe, ce qui m'étonne quand même pour des bijoux en argent pur, et absence totale de marque japonaise ou américaine.

J'étais interloqué.

Je fis donc part de mon étonnement à mon hôte, autochtone et surtout très amical. « Â¿ Puedes decirme porqué no tiene ni un solo emblema de marca automovil de los estados unidos ? Â» Ai-je tenté de baragouiner. Ce à quoi il me répondit qu'au Mexique, les marques européennes étaient bien plus appréciées que celles des Big Three États-Uniennes à savoir Ford, Chrysler et General Motors.

Pourquoi ?
Parce qu'en 2005, les constructeur automobiles européens n'étaient pas encore passés à l'informatique embarquée à outrance.
Alors qu'une Dodge ou une Ford moderne qui tombe en panne, le garagiste du quartier n'a quasiment aucune chance de la réparer, sans avoir à payer une fortune en équipement professionnel. Et ceci bien souvent pour un bête plantage informatique.

Car l'informatique embarquée dans une voiture est en fait un réseau anarchique de calculateurs : celui de l'injection électronique, celui de la centrale d'alarme, celui du GPS, celui de l'autoradio et celui permettant le diagnostic général par téléphone avec le centre d'appel du constructeur basé en Inde. Un gros patchwork de logiciels et ordinateurs hétéroclites, certains sous Windows CE ou Windows Embedded Automotive, d'autres en Linux, d'autres sous QNX, des OS archi-vieux comme EPOC32 ou des développements spécifiques comme OSEK/VDX. Pour résumer, un méli-mélo probablement mal sécurisé où un administrateur système n'y retrouverait pas son Jabber. (Jabber est le nom du chat… de l'admin sys.)

L'informatique automobile, c'est de l'embarqué sans les contraintes de l'avionique ou de l'aérospatial : si le régulateur de vitesse plante, quelqu'un se fera de belles frayeurs sur autoroute, ou au pire le constructeur dira que le conducteur n'a pas su contrôler la puissance de son bolide. Bref, j'en viens à croire que les ingénieurs des constructeurs automobiles sont moins responsables que ceux qui bâtissent un site commercial sur un wordpress.

Récemment, un ami développeur a acquis une Fiat 500. Hélas pour mon copain macophile, il avait pris l'option Multimédia Windows CE (non pas un pare-brise certifié norme européenne, mais bien le système d'exploitation embarqué de Microsoft). C'est cette option fort chère qui lui assurait que son autoradio lisait les musiques sur clé USB et la fonction mains libres de son smartphone. Hélas, ce système ne marchait plus.

Pour la rebooter, il fallait mettre une clé USB avec un certain fichier dessus, puis appuyer 10 secondes sur le bouton Démarrer et Volume -. C'est une manœuvre pour réinstaller le système d'exploitation de la chaîne multimédia de la voiture. Sauf que même le driver USB ne marchait plus ! Le copain en était quitte à passer chez le garagiste, payer 200€ d'intervention à cause d'un bête écran bleu affiché sur le compte-tour de sa voiture.

(♪ générique K2000)

Oui, on nous a vendu l'informatique embarquée dans les voitures car futuriste ! Rien n'est plus hype que de regarder un écran en laissant le pilotage automatique se garer en créneau pour voir si on va se prendre la barrière à l'angle, voire même discuter via son Apple Watch avec son GPS pour trouver le resto le plus proche pour mieux draguer la fille à côté de vous.
« K2000 Â» nous faisait peut-être rêver, mais c'était la télévision des années 1980s, juste avant « Shériff fais-moi peur Â». Bref, kitsch mais pas engageant.

Alors que si on faisait l'inverse. Je veux dire, si on parlait d'informatique à la télévision comme certains parlent de voitures. Je ne veux pas dire comme « Auto-Moto Â» ou « Turbo Â» qui le font sérieux à mourir entre deux placements promotionnels outranciers, non. Je veux dire si on parlait d'informatique d'une manière drôle, iconoclaste et à la réalisation hyper-léchée. Si on prend 3 cinquantenaires misogynes, stupides et irresponsables qui font des réflexions à la limite de la bienséance, tout en se rendant ridicules et en poussant à bout des engins ridiculement hors-de-prix ou dans un état totalement délabré ?

Et si on parlait d'informatique comme Top Gear parle de voitures ?

(♪ générique Top Gear)

Aujourd'hui dans Top Gear :
J'essaie le nouvel Alien Ware Area 51
Kinou monte des vidéo HD sur windows 95
et Eugène copie son disque dur sur disquettes

Bonjour ! Bonjour ! Bonjour et merci d'être revenus

Avant, les PC de gamers se construisaient en forme de tour, un froid boîtier rectangulaire de métal avec une façade à la jacky's touch pour se démarquer et l'arrière encombré de câbles et de trous béants. Bref, rien de sexy pour emballer les filles. Il était impensable de trouver un PC de série qui allie à la fois le design, la puissance et l'extensibilité.

Jusqu'à maintenant...

Enfant du futur immédiat, tu as écouté mon clin d'œil pour Top Gear, une des émissions phares du service public anglais où l'automobile n'est qu'un prétexte pour aligner les jeux de mots les plus périlleux. Des années que je suis fan, alors que je ne suis pas un fondu d'automobile. Des années que mes petites sœurs me font enrager à chaque nouvelle saison, puisqu'elles captent BBC2 et qu'elles en balancent le résumé par e-mail à toute la famille, les fourbes…
Top Gear inaugure sa déclinaison française Mercredi prochain sur RMC Découverte, une déclinaison non-britannique qui pourrait être la plus réussie. Et inutile de dire que l'ensemble de l'équipe de l'Hallucinarium Éphémère les attend au tournant !
Espérons qu'ils vont carburer autant que l'équipe originelle. Donc je souhaite à Philippe Lellouche, Bruce Jouanny et à Le Tone beaucoup de plaisir et de nous faire bien marrer.
Plein gaz.


Merci Yolanda pour la relecture.

Samedi 21 Mars aura lieu une cryptoparty de printemps pour petits et grands à l'Utopia Tournefeuille suite à la projection du documentaire « Les gardiens du nouveau monde Â»
Et du 27 au 29 mars, Startup Weekend de Toulouse à l'ICAM, avenue de Grande-Bretagne.